Aston Martin AMR1

Aston Martin AMR1, le poids de l’héritage

Gagner le dimanche, vendre le lundi. C’est ainsi qu’Henri Ford percevait le sport-auto. Chez Aston Martin aussi, cette vision de la compétition était partagée. La marque a commencé à participer à des courses automobiles dans les années 50, remportant à cette occasion un Championnat du Monde et les 24 Heures du Mans en 1959, avec la mythique DBR1. De cette victoire allait suivre un superbe héritage, une légende teintée de British Racing Freen (vert anglais), sur laquelle Aston Martin va se reposer, pendant des décennies. Après le succès du Mans, le retour à la compétition au niveau international se fera attendre.

L’après Le Mans 1959, l’absence de 30 ans

Certes, après le retrait des Aston Martin, durant les années 1960, le constructeur fourni des moteurs V8 pour des Lola Coupé T70… Mais sans grand succès, le choix des moteurs Chevrolet étant bien plus payant. De 1977 à 1979, Robin Hamilton a couru au Mans avec Aston Martin avec la DBS V8 GTP, une version largement modifiée de la DBS de route. Peu de succès au Mans, et quelques rares apparitions, à Silverstone. Sans se décourager, Hamilton a continué à chercher du coté d’Aston Martin la compétition.

Hamilton et l’épopée Nimrod des années 80

Avec l’aide de Pace Petroleum, il allait installer un V8 dans un chassis Lola, préparé par Tickford… un désastre. Qu’importe, il persévère en baptisant ses voitures Nimrod, en lieu et place d’Aston Martin, et s’engage à partir de 1982.

Aston Martin Nimrod
Aston Martin Nimrod en essais © Aston Martin

3 équipes portant les couleurs de Nimrod verront le jour, dont une avec Steve O’Rourke aux commandes, le manager de Pink Floyd, ou encore l’équipe Cheetah à partir de 1984. Toutes ces équipes rencontrent le même problème : la fiabilité du moteur. L’association chassis / moteur continue jusqu’à la fin de la saison 1985 sans succès. En 1986, Aston Martin décide de créer une Groupe C. Le moteur V8 a déjà prouvé qu’il n’est pas adapté pour la compétition… Plutot que de penser à un concept nouveau, Aston Martin est convaincu que la troisième fois sera la bonne. Reeves Callaway et ses hommes, basés dans le Connecticut, sont missionnés pour préparer le moteur.

AMR1, une renaissance, 30 ans après !

C’est l’équipe Ecurie Ecosse qui développe la voiture avec Max Boxstrom, qui s’occupe du châssis monocoque en matériaux composites. Le plancher est en nid d’abeille, tandis que la fibre de carbone et le kevlar sont très présents. C’est d’abord un moteur 5,3 litres qui est monté, avant une nouvelle version 6 litres. Si le premier développe 570ch, le second atteint les 700 ch !

Aston Martin AMR1
Aston Martin AMR1 © Aston Martin

La voiture est prête pour la saison 1988 ! Une surprise ! En effet, en septembre 1987, Ford acquiert 75% des parts d’Aston Martin Lagonda, et ce projet cher était un risque… . À la surprise générale, le projet a continué.

La saison 1989 de l’Aston Martin AMR1

En Octobre 1988, le AMR1 a été achevée et portait fièrement la livrée blanche, rouge et bleue de son parrainage Mobil 1 et Goodyear. La voiture a été testée lors de la clôture de la saison 1988, et préparée pour 1989, pour un vrai grand retour. Trente ans plus tôt, Aston Martin avait terminé sa carrière de course sur une bonne note, avec une saison 1959 sublime. Son retour au sport auto a suscité un vif intérêt, tout en sachant que l’époque était totalement différente. Roe, Los et Redman décrochent une 11e place aux 24 Heures du Mans ! Deux exemplaires, chassis 02 et 03 étaient engagés. Des premiers pas encourageants. Un nouveau chassis, plus léger de 60 kg, est construit, et termine 4e à Brands Hatch la même année. L’ultime châssis produit, AMR1/05, est aligné à Mexico pour la dernière manche de la saison, mais ne peut faire mieux qu’une 8e place.

Aston Martin AMR1
Aston Martin AMR1 © Aston Martin

Avec Ford aux commandes, Aston Martin vit son programme stoppé, Jaguar étant plus stratégique. Il en résultera les résultats que nous connaissons, avec de superbes victoires.

Geoffroy Barre

Rédacteur web, spécialiste des courses d'endurance, je partage mes découvertes avec vous sur Circuit Classic. On s'est déjà croisé au Mans, au Nurburgring, à Spa-Francorchamps ou peut-être à Daytona.

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