Aston Martin DBR9

Aston Martin DBR-9 : Au service secret de sa majesté

Emblématique auto de la catégorie GT1 des années 2000, l’Aston Martin DBR-9 est l’une des créations des ateliers de Gaydon, dont le palmarès est le plus éloquent. Retour sur un affrontement américano-britannique qui a marqué l’histoire des courses d’endurance de 2005 à 2010.

Conçue, produite et développée par Prodrive afin de remplacer la Ferrari 550 GTS Maranello, l’Aston Martin DBR-9 n’a pas mis longtemps à afficher son potentiel. Dès sa première course, le 12 Heures de Sebring 2005, Darren Turner, David Brabham et Stéphane Ortelli imposent à l’équipe Corvette Racing une sévère correction à domicile. Les hommes de Doug Fehan prendront toutefois leur revanche dans la Sarthe, quelques mois plus tard, où les DBR-9 connaitront des problèmes mécaniques imputables à leur « jeunesse ».

L’Aston Martin DBR-9 de Johnny Herbert, Peter Kox et Tomas Enge © Pierre-Yves Riom / SpeedCom-Paris

Galvanisé par le potentiel affiché en 2005, Prodrive engage l’Anglaise sur tous les fronts dès sa seconde année en compétition. Trois structures officielles sont chargées de faire rouler l’auto avec des objectifs bien précis. Aston Martin Racing se concentre sur l’ALMS et les 24 Heures du Mans, Larbre Compétition engage une voiture en Le Mans Series et la BMS Scuderia Italia participe au FIA GT avec deux châssis. Les performances entrevues l’année précédente se confirment puisque Jack Leconte décroche le titre Le Mans Series et Aston-Martin Racing remporte plusieurs courses ALMS dont Petit Le Mans.

La DBR-9 de Pedro Lamy, Stéphane Sarrazin et Stéphane Ortelli aux 24 Heures du Mans 2006 © Christian Barre

Toutefois, le succès n’est pas total. Bien que ce soit en catégorie LM GT1, les hommes de David Richards attentent encore une historique victoire aux 24 Heures du Mans, cinquante ans après celle de Carroll Shelby et Roy Salvadori au volant de la mythique DBR-1.

En 2007, les moyens mis en œuvre sont identiques à ceux de la saison précédente. Si la BMS Scuderia Italia (FIA GT) et Larbre Compétition (Le Mans Series) sont battus dans leurs championnats, l’équipe Aston Martin Racing remporte les 24 Heures du Mans avec l’équipage David Brabham/Darren Turner/Rickard Rydell, toujours face aux redoutables Corvette C6-R officielles.

Aux célèbres couleurs GULF, Aston Martin remporte les 24 Heures du Mans (GT1) © Geoffroy Barre

Avec le projet LMP1 dans les cartons, Aston Martin Racing et Prodrive réduisent nettement la voilure du programme sportif des DBR-9 officielles en 2008. Désormais aux célèbres couleurs du pétrolier Gulf, deux châssis sont engagés par l’usine aux 24 Heures du Mans où David Brabham, Antonio García et Darren Turner offrent une deuxième victoire consécutive à Georges Howard Chappell. Le développement de la voiture étant arrivé à son terme, la suite de la carrière de cette fabuleuse GT se fera par l’intermédiaire d’équipes privées. Au total, onze structures engageront des châssis DBR-9 (version initiale), de 2005 à 2010, avec plus ou moins de succès : Team Modena, Cirtek Racing, Jetalliance Racing, RaceAlliance, Phoenix Racing, Barwell Motorsports, Gigawave Motorsport, Bell Motorsports, Strakka Racing, Vitaphone Racing et Team Nova.

La DBR-9 de Lukas Lichtner-Hoyer, Thomas Gruber et Alex Müller engagée par Jetalliance Racing © Pierre-Yves Riom / SpeedCom-Paris

Résumer la vie de l’Aston Martin DBR-9 ne pourrait se faire sans évoquer les saisons 2010 et 2011 du FIA GT1 World Championship. Profondément modifiées par le nouveau règlement de la catégorie, les dernières DBR-9 seront engagées par Hexis AMR et Young Driver AMR en tant que structures semi-officielles. Depuis 2010, l’adversaire historique du constructeur britannique, Corvette Racing, s’est tourné vers la catégorie GTE (ex-GT2) et les DBR-9 font désormais face aux Maserati MC12 et Ford GT. La fin de cette fabuleuse carrière sera soldée par une troisième place du Young Driver AMR aux 24 Heures du Mans 2010 (GT1) et un titre de Champion Team en FIA GT1 World Championship pour Hexis Racing en 2011.

L’aston Martin DBR-9 du Young Driver AMR aux 24 Heures du Mans 2010 © Pierre-Yves Riom / SpeedCom-Paris

Malgré le grand nombre de châssis assemblés par Prodrive et le peu d’autos officiellement détruites en compétition, les DBR-9 se font rares à la vente. Désormais, l’anglaise n’est plus autorisée à rouler dans une quelconque catégorie Grand-Tourisme et seuls les meetings historiques vous permettront de laisser chanter le V12 6.0L. Pour un modèle de 2006, aux totales spécifications usine et prête à rouler, il vous faudra débourser la coquète somme de 600 000 Euros HT… le rêve et le palmarès ont un prix !

La 007 sous les stigmates d’une course éprouvante © Pierre-Yves Riom / SpeedCom-Paris

Pierre-Yves Riom

Responsable de l’agence de communication SpeedCom-Paris, je collabore également pour différents médias spécialisés dont Circuit Classic. Tout autant passionné des courses d’endurance, de monoplaces et des rallyes, j’aime cultiver l’éclectisme de mes connaissances en rédigeant sur les véhicules d’exception

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