#7 – Aston Martin Racing - Aston Martin Vantage GT3 (SP9)

Nurburgring 24h – Carnet de voyage dans l’Enfer Vert

Niki Lauda disait vrai. Le Nurburgring, c’est l’enfer vert. L’enfer pour les pilotes, qui doivent affronter un circuit de plus de 22 km (alors que les circuits modernes sont souvent aux alentours des 3-4 km). Un enfer avec 22 km de piste, un dénivelé de plus de 300m entre le point le plus haut et le point le plus bas. Un enfer météorologique, ou le temps change en quelques minutes.

La forêt, très, très présente… © Christian Barre

Un enfer pour se repérer, s’orienter, dans un milieu bien plus naturel que les circuits modernes : la forêt. Un enfer ?

Le Nurburgring, de par sa particularité, c’est le paradis.

Le paradis des amateurs de sport auto allemands, qui font chaque année des 24 Heures du Nurburgring le rendez-vous festif à ne pas rater. La paradis des fans qui veulent voir passer des voitures vite, très vite, sauter, déraper, prendre large. Le paradis comme un territoire encore vierge des assauts du monde moderne.

Montée vers la Karussell, l’un des points les plus haut du circuit © Geoffroy Barre

Construit en 1927, le Nurburgring possède une histoire singulière. Après 2 ans de travaux, il est enfin utilisable. Son but ? Permettre de « canaliser » l’enthousiasme des pilotes locaux, qui utilisent la région de l’Eifel et son relief pour rechercher la vitesse. Le Nurburgring est pensé pour « sécuriser » la pratique du sport-auto, et permettre de se défouler. Cette vocation existe encore aujourd’hui. Pour un peu plus de 20€, il est possible, avec sa propre voiture, de faire 1 tour du grand circuit.

 

Virage de Schwalbenschwanz © Geoffroy Barre

Si les grand-prix de Formule 1 n’empruntent plus le grand circuit (mais le circuit GP plus court et inauguré en 1984), la boucle nord (Nordschleife) est empruntée chaque année pour les 24 Heures du Nurburgring. Parmi les 3 classiques de 24 Heures en Europe (Nurburg, Le Mans, Spa), la course allemande se distingue dans plusieurs registres :

  • Le nombre de voitures pour commencer (environ 200) est bien plus important que les 50 partants en France ou en Belgique.
  • Les spectateurs. ils sont aussi nombreux qu’au Mans, mais ne savent plus si ils viennent là pour le circuit, ou pour la course… ou les 2 !
Pitlane open ! © Geoffroy Barre

Les 24 Heures du Nurburgring, c’est une semaine de vacances entre potes, les pieds dans la boue. On sort les quad, les moto, les bières, le feu de camp.

Ambiance en bord de piste au Nurburgring, à Brünnchen © Christian Barre

En mode testostérone à 200%, ici les clichés du « beauf » sont légion. N’oubliez pas. Le Nurburgring est un « canalisateur ». Ce qui se passe dans l’Eifel reste dans l’Eifel.

Venir aux 24 Heures du Nurburgring, c’est un peu aller au Burning Man de l’automobile.

Fou, décalé, indescriptible et incomparable.

#12 – Wochenspiegel Team Manthey – Porsche 911 GT3 RSR (SP7) © Geoffroy Barre

Je vais au Mans depuis 1996 sans discontinuer. J’aime Le Mans. Cette course m’a marqué, m’impressionne toujours. Avec les 24 Heures du Nurburgring… c’est différent.

Des voitures qui décollent ? Un classique au Nurburgring ! © Geoffroy Barre

Il reste en Allemagne une touche de folie, une dimension irréelle disparue des autres circuits. Pas mieux, pas moins bien. Différent. Alors qu’au Mans, le règlement sportif est la clé, les développements aéro poussés, et les comparaisons avec la F1 très proches, le Nurburgring est lui plus brutal.

La Karussell avec une Porsche Manthey en pleine vitesse © Geoffroy Barre

La brutalité du karussell.
La brutalité des voitures, dont la suspension et divers éléments sont repensés pour le circuit.
La brutalité d’une Audi ou d’une Porsche qui « attaque » la piste.

Un virage unique..; ici avec une BMW de l’équipe Marc VDS © Geoffroy Barre

Le Nurburgring est violent ? Il faut être violent avec lui.

Coté photographe, la brutalité du lieu est palpable. A Shanghai, à Spa-Francorchamps, à Silverstone, je marche « pour le plaisir ».

De la boue ! Certains passages sont délicats en voiture pour accéder aux virages © Christian Barre

Au Nurburgring, marcher est indispensable.

Il faut « visiter » le lieu, l’arpenter, le découvrir.

Moment classique d’un photographe au Nurburgring © Chrisitan Barre

Spectateurs et photographes sont presque égaux. Sur de nombreux circuits, comme au Mans, je connais ma chance de pouvoir aller, au milieu des Hunaudières, observer les voitures flirter avec les 340 km/h. Je connais la joie d’être « à la Source » à Spa-Francorchamps, et de prendre une « claque ». Au Nurburgring, tout le monde peut trouver un angle, une vue, un lieu inédit.

Pflanzgarten, « haut lieu » de l’histoire du Nurburgring, un incontournable ! © Geoffroy Barre

Les 24 Heures du Nurburgring, c’est un peu la course de cote, à laquelle vous et moi assistons, assis l’un à coté de l’autre.

Une brutalité mais le Nurburgring et ses 24 Heures, c’est une course importante, que plusieurs constructeurs veulent gagner. BMW, Audi, Mercedes-Benz ou Porsche sont assidus. Briller en Allemagne, devant son public, c’est un symbole fort.

Mercedes remporte les 24 Heures du Nurburgring 2013 © Geoffroy Barre

Avec 19 victoires (en 40 éditions), BMW est le grand dominateur dans l’Eifel. Audi a décroché en 2012 sa première victoire (comme Opel en 2003), tandis que Porsche en totalise 10. Mercedes n’a jamais connu la consécration sur les 24 Heures du Nurburgring… avant 2013 ! Une course pour laquelle les pilotes, les constructeurs se battent.

BMW à l’approche de la Warsteiner-kurve © Geoffroy Barre

Une course ou vous devriez aller en 2014.

Geoffroy Barre

Rédacteur web, spécialiste des courses d'endurance, je partage mes découvertes avec vous sur Circuit Classic. On s'est déjà croisé au Mans, au Nurburgring, à Spa-Francorchamps ou peut-être à Daytona.

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